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Choisy-le-Roi : le passeur de rive entre succès populaire et désengagement financier


À l’occasion de l’inauguration du nouveau bateau électrique du passeur de rive à Choisy-le-Roi, nous tenons à rappeler les enjeux politiques majeurs qui entourent ce service public de proximité, aujourd’hui plébiscité par les habitant·es mais fragilisé par des choix budgétaires et institutionnels préoccupants.


Le passeur de rive, porté par l’association Au Fil de l’Eau, assure la liaison entre les deux rives de la Seine et constitue une alternative essentielle aux déplacements contraints dans la ville. Gratuit, accessible et utile au quotidien, il s’est imposé comme un équipement structurant du territoire. Sa fréquentation en forte hausse en témoigne : d’environ 3 000 usager·es il y a quelques années, le service dépasse aujourd’hui les 8 000 passager·es, avec près de 7 000 traversées réalisées en 2024 sur seulement 54 jours de navigation. Cette progression confirme à la fois son utilité sociale et la nécessité d’un développement plus ambitieux.


L’électrification du bateau constitue une avancée écologique que nous saluons. Elle permet de réduire les émissions de CO₂, de limiter les nuisances sonores et d’améliorer les conditions de navigation. Elle s’inscrit dans une logique de transition environnementale que nous défendons, à condition qu’elle soit accompagnée des moyens nécessaires et ne repose pas sur des structures associatives laissées seules face aux coûts de modernisation.



Accessibilité, insertion professionnelle, sensibilisation à la transistion écologique : un vrai service public


Au-delà de son rôle de transport, le passeur de rive est aussi un outil d’insertion professionnelle et d’éducation à l’environnement. Les salarié·es en parcours d’insertion participent à son fonctionnement, tandis que de nombreuses actions sont menées auprès des écoles, sur la sensibilisation écologique et sur la protection des milieux naturels. Ce modèle, vertueux sur le papier, repose pourtant sur un équilibre financier de plus en plus instable.


Nous alertons en effet sur la fragilisation progressive du service liée à la baisse des financements du Département du Val-de-Marne. Alors même que la fréquentation augmente, les moyens diminuent, entraînant déjà des conséquences concrètes : réduction des jours de navigation, arrêt anticipé de certaines saisons, difficultés de planification et impossibilité d’anticiper les investissements. Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle concerne un service en pleine croissance et reconnu pour son utilité publique.


Cette contradiction pose une question politique centrale : comment justifier le désengagement progressif des collectivités sur un service dont les habitant·es démontrent chaque jour l’utilité ? Pour notre groupe, il est indispensable que les engagements financiers soient à la hauteur des besoins réels du territoire, et non dictés par des arbitrages à court terme.


La question de l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite illustre également les incohérences actuelles. Malgré les engagements affichés, les infrastructures ne permettent toujours pas un accès pleinement adapté sur les deux rives. Les contraintes techniques et financières sont réelles, mais elles ne peuvent servir de justification à l’inaction.

Lors des échanges, il a été confirmé que Haropa Port refuse actuellement de financer les aménagements nécessaires et renvoie leur charge à la Ville, pour un coût estimé à environ 300 000 euros. Cette situation de blocage institutionnel n’est pas acceptable pour un projet qui se veut inclusif.



Nous devons agir


Face à ces constats, plusieurs engagements doivent désormais être pris sans délai. Il est indispensable que la Ville sollicite de nouveau le Département du Val-de-Marne afin de rétablir les subventions supprimées, dont la baisse met directement en péril le fonctionnement du passeur malgré son succès croissant. Il est également nécessaire d’exiger une position claire de Haropa Port et d’obtenir la réalisation effective des aménagements d’accessibilité PMR sur les deux rives.


Par ailleurs, la Ville doit renforcer et développer les contrats réservés attribués à l’association Au Fil de l’Eau, notamment dans le cadre des budgets liés à la politique de la ville (QPV), afin de soutenir ses actions en milieu scolaire et ses missions de sensibilisation environnementale. Nous demandons également une mobilisation réelle des services d’ingénierie municipaux pour aller chercher des financements régionaux, nationaux et européens, afin de sécuriser durablement ce service public.


Plus largement, nous estimons que le passeur de rive illustre une tension devenue structurelle : celle entre les discours de transition écologique et les moyens réellement accordés aux acteur·ices de terrain. Il ne suffit pas de saluer un projet lors d’une inauguration ; encore faut-il lui donner les moyens de fonctionner dans la durée.



Dans ce contexte, notre groupe d’opposition continuera de défendre une vision exigeante du service public local : utile, accessible, financé à la hauteur de ses missions, et réellement soutenu par les institutions qui en ont la responsabilité.



 
 
 

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